Salaire, allocations, cotisations sociales et impôts
Quels sont les barèmes de salaire ?
Le salaire est le résultat de ton travail, son montant est repris dans ton contrat et sur ta fiche de salaire. Normalement, celui-ci se calcule sur la base d’un salaire minimum déterminé en fonction de ton secteur activité (= on parle de « barème »). C’est pourquoi ton employeur·euse ne peut pas définir les salaires selon ses humeurs : iel peut décider de te payer plus, mais jamais moins que le barème !
Petites spécificités :
– S’il n’existe aucun barème spécifique dans ton secteur et que tu es engagé·e pour moins d’un mois calendrier, ton employeur peut fixer librement le montant de ton salaire.
– S’il n’existe aucun barème spécifique dans ton secteur et que tu es engagé·e pour une période d’au moins un mois calendrier, alors tu as droit au revenu minimum mensuel moyen garanti (RMMMG), qui varie en fonction de ton âge.
Tu peux recevoir ce salaire sur ton compte bancaire ou celui de tes parents car tu n’es pas obligé·e d’en avoir un à ton nom.
Sache également que le paiement de la rémunération en cash est interdit. Les exceptions qui existaient autrefois dans certains secteurs (Horeca ou boulangerie) ont été supprimées.
Les cotisations sociales, c’est quoi ?
Les cotisations sociales sont des prélèvements sur le salaire pour financer les prestations sociales (chômage, pension, allocations familiales, etc.)
Lorsqu’un employeur engage un travailleur, il doit le déclarer à l’ONSS (Office National de Sécurité Sociale) et payer des cotisations patronales sur sa rémunération. C’est la même chose pour toi ; les cotisations sociales sont directement retirées de ton salaire. Tu peux l’apercevoir sur ta fiche de paie (le salaire brut – les cotisations sociales et les impôts = le salaire net).
Avantage pour les étudiants
Quand tu es engagé en tant qu’étudiant, les cotisations sociales que l’on prélève sur ton salaire sont réduites. Concrètement, on ne retire que 2,71% de ton salaire brut (au lieu du taux ordinaire de 13,07%). Cela te permet d’avoir un salaire net plus élevé !
Maximum 650 heures par an
Pour bénéficier de ces cotisations sociales réduites, tu ne peux pas dépasser 650 heures de travail étudiant par année civile.
Ces heures sont comptabilisées du 1er janvier au 31 décembre. A la nouvelle année, les compteurs sont remis à zéro.
En fonction du contrat que tu conclus avec ton entreprise, tu sais combien d’heures de job tu prestes (par semaine, par mois, etc.). Ces heures sont déclarées par ton employeur·euse et sont donc déduites de ton contingent (« pot ») de 650heures.
A savoir que tu n’es pas obligé·e d’utiliser ces 650 heures dans une même entreprise. Donc même si tu as différent·e·s employeur·euses au cours de l’année, les heures s’accumulent et se combinent pour être toujours bien déduites de ton pot de 650 heures par an.
Tu peux travailler plus que les 650 heures par année civile, ce n’est pas illégal… mais dès la 651 ème heure de travail, tu perds l’avantage des cotisations sociales réduites.
Ces dernières deviennent alors des cotisations sociales ordinaires, donc plus élevées.
Pour vérifier le nombre d’heures que tu as déjà prestées et connaître le nombre d’heures restantes dans ton quota, rends-toi sur le site studentatwork.be. Tu peux également y obtenir une attestation qui précise le nombre d’heures qu’il te reste : ce document est de plus en plus souvent demandé par les employeur·euse·s ! N’hésite pas à te rendre dans un centre Infor Jeunes ou dans un Espace Public Numérique si tu as besoin d’aide pour te procurer ton attestation.
Attention, sois attentif à ton compteur notamment dans le cas d’un préencodage de tes heures de travail par ton employeur·euse qui ne correspondrait pas aux heures réellement prestées. Une régularisation des heures de ton compteur devra être réalisée par après afin d’éviter que tu sois perdant si tu as travaillé moins d’heures que prévu.
Secteurs d’activités spécifiques
Si tu as atteint ton quota de 650 heures « travail étudiant », tu peux envisager d’autres occupations dans des secteurs pour lesquels des régimes avantageux existent également du point de vue des cotisations sociales. C’est le cas notamment si :
- Tu exécutes un travail occasionnel pour les besoins du ménage d’un employeur, sans dépasser 8 heures par semaine. Dans ce cas, tu n’es pas soumis à l’ONSS et tu ne dois donc pas payer de cotisations sociales.
Exemple : Le baby-sitting (maximum 8 heures/semaine). - Tu effectues un travail dans le secteur socioculturel ou sportif pendant un maximum de 190h/an avec un plafond trimestriel de 100 heures pour le secteur socio-culturel et 150 heures pour le service sportif (sauf pour le troisième trimestre qui a un plafond situé à 190 heures). Tu n’es de nouveau pas soumis à l’ONSS pour ces 190 heures et, par conséquent, tu ne payeras aucune cotisation sociale sur ta rémunération. On parle parfois de « contrat article 17 ».
Exemple : un job d’animateur sportif
Lorsqu’il s’agit de deux occupations clairement distinctes, l’occupation de maximum 650 heures comme étudiant (sous contrat d’occupation d’étudiant) peut être cumulée avec une occupation de maximum 190 heures dans le secteur sportif et/ou socio-culturel (sous contrat « article 17 »). Les jours d’occupation dans le secteur associatif ne sont pas déduits du contingent étudiant (sauf en cas de dépassement des 190 heures.
- Tu effectues un travail occasionnel dans l’agriculture, l’horticulture ou l’Horeca. Dans ce cas, tu dois être déclaré à l’ONSS mais tu bénéficies de cotisations sociales diminuées, à certaines conditions.
Exemple : Faire la moisson chez un agriculteur ou travailler dans un bar.
Pour ce qui est de l’Horeca, consulte Horeca@work. Il s’agit d’un service en ligne qui te permet de voir pendant combien de jours tu peux encore bénéficier de ce régime avantageux.
Dois-je payer des impôts ?
En Belgique, toute personne qui perçoit des revenus doit reverser une partie de ceux-ci à l’état, à travers les impôts. Cet argent est ensuite utilisé pour financer différents services publics : la sécurité sociale, l’enseignement, la mobilité et les transports en commun, le fonctionnement des administrations, la justice, etc.
Il en va de même pour les travailleur·euses étudiant·es !
Mais rassure-toi, l’impôt est progressif… Autrement dit, plus tu gagnes de l’argent, plus tu seras imposé·e et donc plus tu devras reverser d’argent à l’État. Le montant se calcule par rapport à la déclaration d’impôt que tu dois compléter chaque année. Cette déclaration se fait toujours avec les revenus de l’année précédente à celle où tu rentres ta déclaration.
Par exemple, si tu envoies ta déclaration en 2025, tu dois y déclarer tes revenus perçus entre le 1er janvier et le 31 décembre 2024.
Donc tu dois payer des impôts à partir du moment où tes revenus annuels bruts imposables (= tes salaires bruts – tes cotisations sociales) sont supérieurs à 15.100 € pour tes revenus de 2024, déclaration fiscale en 2025
SI tes revenus annuels sont inférieurs à ce plafond => Pas d’impôts
SI tes revenus annuels sont supérieurs à ce plafond => Impôts à payer
Si tu atteins ce plafond, tu devras payer des impôts MAIS pas sur la première tranche d’imposition, puisqu’elle est de 0%. Si tu jobes beaucoup, tu gagneras peut-être suffisamment pour voir augmenter tes impôts, donc sois prévoyant·e avec tes dépenses et déclare bien tous tes revenus !
Dois-je toujours déclarer mes revenus ?
OUI, c’est super important et obligatoire. Même si tu es encore mineur·e, dès que tu perçois certains revenus, tu dois le déclarer via une déclaration fiscale. Tu dois la rentrer chaque année avant une certaine date auprès du SPF Finances qui s’occupe alors de faire la somme de tous tes revenus de l’année qui précède et d’analyser dans quelle « tranche d’imposition » tu te trouves.
Si tu as uniquement les revenus de ton job étudiant à déclarer, tu recevras une « déclaration simplifiée », préparée et préremplie par le SPF Finances. Tu peux choisir si tu veux recevoir ta déclaration en format papier ou électronique (via Tax-on-web ou MyMinfin). Si toutes les informations sont correctes et que tu n’as rien à ajouter, tu n’as rien à faire, l’administration va conclure que c’est OK et c’est réglé.
Si tu es dans une situation avec des revenus autres (héritage, pension alimentaire, etc.), contacte directement le SPF finances pour modifier les données de ta déclaration dans les règles, au 02/572.57.57.
Quelle incidence sur les impôts de mes parents ?
Ton job étudiant ne change normalement rien aux impôts de tes parents tant que tu ne dépasses pas un plafond de revenus… Mais attention, ce n’est pas le même plafond que celui dont on parle pour tes propres impôts !
Ce plafond-ci détermine le montant pour rester fiscalement à charge de tes parents.
On t’explique : Si tu vis avec tes parents ou l’un des deux, l’Etat belge considère qu’il y a des dépenses pour t’élever (vêtements, nourriture, école, etc.). Ils ont alors droit à une réduction de leurs impôts. Mais si tu commences à gagner de l’argent, tu dépasses le plafond mentionné plus haut. L’Etat estime alors que tu gagnes assez pour ne plus être à charge de tes parents et donc ne plus devoir maintenir la réduction de leurs impôts.
Exemple : en 2024, tu as perçu 6.000€ brut et tu es à charge de tes parents (couple marié). Ton revenu brut n’est pas supérieur au seuil de 7.290 €. Tu restes donc bien à charge de tes parents pour l’année de revenus 2024.
Pour cette année nouvelle, nous te conseillons de ne pas dépasser le plafond de l’année antérieure de manière à éviter toutes mauvaises surprises pour l’exercice d’imposition suivant.
Si tu désires plus d’informations sur ce calcul, tu peux contacter le SPF Finances au 02/572.57.57.
Vais-je garder mes allocations familiales ?
Tout dépend de la tranche d’âge dans laquelle tu te situes. Si tu as :
Jusqu’à 18 ans
Tu as droit aux allocations familiales de manière inconditionnelle jusqu’au 31 août de l’année civile au cours de laquelle tu atteins l’âge de 18 ans. Cela signifie que peu importe ta date d’anniversaire (avant ou après le 31 août), tu percevras tes allocations familiales jusqu’à cette date limite, même si tu :
- Ne suis plus les cours ;
- Exerces une activité lucrative ;
- Bénéficies d’une prestation sociale.
De 18 à 21 ans
La caisse d’allocations familiales n’examinera pas ton statut de tes 18 à tes 21 ans. Il ne sera donc pas nécessaire de prouver que tu fais des études ou que tu es bien inscrit.e comme demandeur d’emploi. Cela devra se faire uniquement si un obstacle survient et empêche le paiement des allocations familiales pour le mois ou le trimestre en cours. Il s’agit donc d’un droit semi-automatique.
Jusqu’à la fin du mois où tu atteins l’âge de tes 21 ans, la caisse d’allocations familiales n’effectue aucun contrôle de ta situation. Une fois tes 21 ans accomplis, tu vas devoir de nouveau fournir des preuves sur ton occupation en tant qu’étudiant, chercheur d’emploi, etc.
La situation d’obstacle principale à laquelle tu risques d’être confronté.e en tant qu’étudiant.e est liée à ton activité lucrative. Si tu travailles plus de 240 heures par trimestre sous contrat de travail ordinaire, tu perdras tes allocations familiales pour le trimestre durant lequel tu dépasses ce quota.
Attention !
Les contrats d’occupation étudiant ne sont plus soumis à l’obstacle des 240 heures par trimestre en tant qu’étudiant.e. Tu peux travailler sous ce type de régime en veillant uniquement à respecter le quota de 650h/an.
De 21ans à 25 ans
Après tes 21 ans et jusqu’à tes 25 ans, tu peux encore bénéficier des allocations familiales, mais à certaines conditions, à savoir si tu es :
- Étudiant ;
- Chercheur d’emploi.
Attention !
Les différents obstacles applicables aux jeunes ayant entre 18 et 21 ans s’appliquent également aux jeunes ayant entre 21 et 25 ans. Autrement dit, pour continuer à bénéficier des allocations familiales, tu dois :
- Eviter de te trouver dans une des situations d’obstacle ;
ET démontrer que tu as bien un statut d’étudiant ou demandeur d’emploi.
Plus de 25 ans
Ton droit de bénéficiaire s’éteint à la fin du mois au cours duquel tu atteins l’âge de 25 ans, même si le jeune étudie encore.


